Chronique 12 - Février 2016

Le secteur de Moulon sur le plateau de Saclay se transforme... Retrouvez chaque mois la chronique de François Beautier (textes) et Bernard Minier (photos).

Chronique 12 - Février 2016

Le futur passage d'une liaison intragiffoise Moulon - Centre ?

Des liaisons locales d'intérêt national...

Nous, les Giffois (qui souhaitons voir la future population permanente de la partie giffoise de Moulon devenir et se sentir le plus vite possible giffoise à part entière), nous savons, depuis le précédent de Chevry, que faciliter le déplacement des uns chez les autres constitue une condition minimale à un accueil réciproque (voir note 1).

Notre municipalité propose, depuis 2014, de faire de l'un des chemins du Parc du CNRS montant vers Belle Image, puis de l'étroite Route de Chasse qui en part vers l'est, une voie réservée aux piétons, cyclistes et gyropodistes, ainsi qu'à une navette publique reliant le quartier de Moulon au Centre de Gif (voir note 2).

Le passage d'un autobus reliant la Gare à Moulon à travers ce parc fut lancé en 1976. Mais le CNRS ne se souciait alors guère de nouer des liens avec le plateau, et le département refusait de financer une liaison pratiquement intracommunale : la ligne ferma en 1978 (voir note 3).

Aujourd'hui, le CNRS de Gif a besoin de s'intégrer au cluster Paris-Saclay, et la liaison locale apparaît ainsi nécessaire à la pleine réussite de l'opération d'intérêt national (voir note 4). Cependant des problèmes de sécurité et d'écologie font hésiter le CNRS à décider la réouverture du parc au public (voir note 5).

En attendant, on peut toujours, dans Gif, se mesurer au versant en empruntant à pied, à vélo ou sur des roulettes, le Chemin de Moulon. Mais il se situe loin du Centre et de la Gare, à la limite de Bures (voir note 6).

Ces liaisons sans voitures et cette navette (espérée transparc et écologique), contribueront à leur modeste échelle à intégrer à Gif la population de la partie giffoise de Moulon, et aux activités du plateau celles des autres quartiers de Gif (voir note 7).

L'Exposition universelle de 2025 - si Paris l'organise et y implique Moulon (voir note 8) - pourrait permettre d'ajouter d'autres liens intragiffois, plus innovants et attrayants. Celle de 1900 à Paris, ne dota-t-elle pas Montmartre d'un funiculaire et le Quai d'Orsay d'une "Rue de l'Avenir" (voir note 9) permettant aux piétons de se déplacer debout, sur 3 km., à plus de 8 km/h. (voir note 10) ?

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    Au départ de la grille nord du parc du CNRS donnant sur la RD 906 à Belle Image, prendre le chemin dit Route de Chasse des Plants de Moulon vers l'est (à gauche sur cette photo).
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    La route de Chasse des Plants de Moulon.
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    La route de Chasse des Plants de Moulon.
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    La route de Chasse des Plants de Moulon.
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    La route de Chasse des Plants de Moulon.
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    Après le carrefour avec le Chemin de Moulon, la route de chasse se poursuit vers l'est sous la forme d'un sentier.
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    Le Chemin de Moulon, interdit aux automobiles.
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    Le Chemin de Moulon, interdit aux automobiles.
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    Le Chemin de Moulon, interdit aux automobiles.
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    Le Chemin de Moulon, interdit aux automobiles.
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    Le Chemin de Moulon, interdit aux automobiles.
Promenade pédestre depuis la grille nord du parc du CNRS à Belle Image jusqu'au bas du Chemin de Moulon via la Route de Chasse.

Erratum : à (et non au) Moulon

Une main bienveillante mais mal informée a malencontreusement remplacé trois fois à tort, dans la Chronique de Moulon parue dans le Gif infos de Janvier 2016, l'expression correcte "à Moulon" par celle, erronée, de "au Moulon". Cette faute est fréquente car tentante : ne dit-on pas "je vais au Val Fleury", "c'est aux Rougemonts ? Non, au Bois des Roches"... ? Certes, mais on dit "Moulon", tout court, sans article, comme "Chevry", "Coupières", "Belleville" ou "Courcelle". Donc "à" et "de" et non "au" ni "du".

L'Histoire nous a légué un patrimoine - dont les toponymes (noms de lieux) - qu'à Gif nous, les Giffois, nous devons préserver et transmettre car il participe de - et à - l'identité d'une commune française dont nous sommes les légataires et responsables actuels. Or, on a beau chercher sur les cartes anciennes et dans les vieux textes, ce n'est jamais "Le Moulon" que l'on lit à Gif, mais simplement "Moulon". De ce fait, on dit ici (à Gif) "Je vais à Moulon visiter le campus de Moulon".

Il reste à savoir pourquoi ce lieu fut dénommé "Moulon", sans article, alors qu'il provient vraisemblablement de "moulon", un mot ancien signifiant "tas" ou "hameau" ou "bloc urbain". Si cette petite agglomération d'habitations avait été remarquable sur le plateau, elle aurait sans doute été dénommée spontanément "Le Moulon". C'est donc vraisemblablement parce qu'elle n'était en rien unique que l'article n'est pas apparu : on disait donc "j'habite Moulon", "le hameau de Moulon" (en somme, "le hameau de Hameau"), "la ferme de Moulon", "le Chemin allant du Petit Saclé à Moulon". (Le "Petit Saclé" ? Un moulon dont il ne reste plus aujourd'hui de trace que sous la forme de l'auberge du "Bœuf à six pattes", auprès de l'échangeur routier de Corbeville).

Notre Moulon historique est emprunt de modestie : respectons-la avec d'autant plus d'empressement qu'il se classera très bientôt dans l'échappée de tête des campus les plus créatifs de l'univers. Le Campus de Moulon ? Oui, à Moulon ! (et surtout dans la partie giffoise de Moulon... ).

Les chantiers en cours

Ouf, c'est une centrale à béton !

Un chantier imposant en taille et en structure (une dalle épaisse à forte densité en fer à béton) est apparu en janvier entre le futur emplacement de l'ENS et le chantier de la résidence étudiante Serendicity, à l'ouest de la centrale à béton installée à l'emplacement du futur Parc de Moulon pour alimenter le double chantier de l'École centrale.

En fait il s'agira d'une seconde centrale à béton, destinée à disparaître après usage, qui alimentera les chantiers de la résidence universitaire et de l'ENS. Pas de mystère, tout est sur les plans !

"SerendiCity"

Précédemment baptisée "Jardin des Muses", la résidence étudiante en cours de construction face à Supélec (en intégrant le bâtiment d'habitation des étudiants le plus récent de cette école), est actuellement dénommée SerendiCity" (ou plus banalement Serendicity"), un nom forgé à partir du mot - très à la mode dans les coulisses du "cluster" Paris-Saclay - de sérendipité qui désigne l’art de trouver ce que l'on n’a pas cherché, mais que l'on était prédisposé à découvrir.

Le "Lieu de vie", bientôt achevé de l'autre côté du campus (à l'est, en bordure d'Orsay), fut précisément conçu pour favoriser la serendipité que l'on résume prosaïquement par l'expression "effet cafétéria".

Il y aura donc bientôt une nouvelle résidence étudiante d'un peu plus d'un millier de lits pour étendre cet effet (dont il faudra du coup revoir le surnom : "effet oreiller", "effet couette" ?). Il s'agira d'un ensemble de bâtiments quadrangulaires (en bordure de parcelle, donc en façade sur les rues) et cylindriques (dans l'enceinte intérieure délimitée par les précédents) comprenant des chambres individuelles, des appartements dont une partie destinée à la colocation et des espaces communs dont une vaste agora intérieure polyvalente.

Nous préciserons les caractéristiques de cette résidence en mars 2016.

Recalibrage de rues dans la partie orientale de Moulon

Alors que le très vaste et complexe chantier de voirie s'achève dans les parties occidentale et centrale du futur quartier de Moulon, un plus petit a commencé en janvier dans sa partie orientale à la limite des communes de Gif et d'Orsay.

Il s'agit de déplacer vers l'est et de recalibrer dans un premier temps la partie nord de l'ancienne rue Louis de Broglie et dans un second la partie nord-sud de la rue Joliot-Curie (elle aussi sur Orsay) afin de les aligner et de les équiper de toutes les gaines et conduites souterraines nécessaires à l'implantation future du Bâtiment d'enseignement de la Physique (prévu pour 2018, sur Orsay avec un très léger débordement sur Gif, à l'est de l'actuelle Maison de l'Ingénieur), et du vaste ensemble des bâtiments orcéens du Pôle Biologie-Pharmacie-Chimie (prévu pour 2021), entre le parking de l'IUT (Institut universitaire de technologie, dit d'Orsay bien que situé sur Gif) et les bâtiments du PUIO (Pôle universitaire d'ingénierie d'Orsay, surtout renommé pour ses formations en informatique).

Des nouvelles des institutions

À la barre de la CaPS : Gif, Massy et 25 autres communes

Fusionnant depuis le 1er janvier 2016 la CAPS (Communauté d'agglomération du Plateau de Saclay) et la CA2E (Communauté d'agglomération Europe-Essonne), et intégrant les communes de Wissous et de Verrières-le-Buisson (cette dernière n'ayant pas été admise dans l'Établissement public territorial n°2 de la Métropole du Grand Paris), la nouvelle Communauté d'agglomération Paris-Saclay (CaPS) regroupe 27 communes et près de 300 000 habitants.

Son premier conseil communautaire, le 7 janvier, a porté à sa présidence Michel Bournat, Maire de Gif, président (ultime) de la CAPS et 1er vice-président du conseil départemental de l'Essonne.
La première vice-présidence a été confiée à Vincent Delahaye, sénateur-maire de Massy, président (ultime) de la CA2E. Chacune des 27 communes est représentée au conseil communautaire, dont les 78 membres doivent encore délibérer sur de nombreux points concernant la gouvernance et les compétences optionnelles de la CaPS (ses compétences obligatoires sont le développement économique, l'aménagement et l'habitat, la politique de la ville, les transports).

Les communes mieux représentées dans l'EPAPS que dans l'ex-EPPS ?

La transformation, par décret du 31 décembre 2015, à compter du 1er janvier 2016, de l'EPPS (Établissement public Paris-Saclay) en EPAPS (Établissement public d'aménagement Paris-Saclay), se traduit par un changement majeur concernant la gouvernance : le Président de l'établissement sera désormais un membre du collège des élus qui sera élu président par les membres du conseil d'administration, alors qu'il s'agissait auparavant d'un expert nommé par l'État.

Ce changement donnera une prééminence aux attentes et points de vue des collectivités territoriales et de leurs groupements (dont la CaPS à laquelle appartient Gif). Un autre changement concerne la composition du conseil d'administration avec le gain d'un siège pour le collège des représentants des collectivités territoriales et de leurs groupements (dont 2 sièges pour la CaPS) et la perte d'un siège (sur 4) précédemment réservé à l'État.

Au total les communes ne seront pas beaucoup mieux représentées, puisqu'elles le demeurent indirectement (par le biais des communautés intercommunales) et puisqu'au total le collège qui rassemble leurs représentants ne gagne qu'un seul siège. Mais il ne faut pas s'en étonner car l'EPAPS, comme précédemment l'EPPS, n'a pas pour vocation d'être un parlement ou un conseil des communes : son objet est de piloter et de mener à bien un projet d'intérêt national (le pôle scientifique et technologique de Paris-Saclay) par essence d'échelle supracommunale.

Il demeure donc très important pour l'intérêt des communes concernées que leurs représentants soient confortés par une forte et durable implication des habitants et de leurs associations, notamment lors des enquêtes et réunions publiques ainsi que des autres manifestations (municipales et/ou associatives) concernant ce projet.

Notes

Note 1 

En 1973, au moment où les premiers habitants de Chevry emménagèrent, les seuls liens avec la vallée consistaient en deux étroites routes en lacets, celle de la Côte du Bel Air (menant de l'Abbaye à Belleville) et celle de la Côte de la Gruerie (allant de Courcelle aux Molières et à Gometz-la-Ville en passant partiellement par la commune de Saint-Rémy lès Chevreuse).

Une liaison à plus gros débit, ne traversant pas le quartier de Belleville et ne sortant pas de Gif, fut imaginée par le Conseil municipal en 1981 et - après beaucoup de retards liés à la longue faillite du promoteur de Chevry - fut réalisée par la Direction départementale de l'équipement en 1988-89. Cette "Route du Val de Gif", dite originellement "V6", devînt dès son ouverture en 1989, le cordon ombilical entre le Centre de Gif et le nouveau village de Chevry. Il est probable que si ce lien avait été disponible plus tôt, les habitants de ce quartier se seraient sentis - et auraient été reconnus - beaucoup plus rapidement Giffois à part entière.

Cette expérience un peu douloureuse mais formatrice invite aujourd'hui à réaliser le plus tôt possible une liaison commode et sûre, écologiquement compatible et durable, à l'intérieur de la commune, entre la partie giffoise du quartier futur de Moulon et le Centre de Gif.

Note 2

Les gyropodes sont des engins nouveaux de transport individuel à une seule ou à deux roues coaxiales dont la particularité est double :

  • ils sont automoteurs (car dotés de moteurs électriques)
  • ils sont auto-équilibrés (ils tiennent debout et se laissent conduire grâce à un gyroscope et à des capteurs d'inclinaison).

Les premiers (en 2001, le "Segway") furent américains et de taille conséquente, les récents sont chinois et très discrets. Par extension, les engins comparables fonctionnant à l'huile de genou, ou dépourvus de gyroscope (cas des patinettes et autres planches à roulettes dont les caisses à savon) sont souvent fraternellement intégrés aux gyropodes et leurs utilisateurs aux gyropodistes.

Il reste cependant à établir l'égalité des cyclistes et gyropodistes en les fusionnant en une seule famille et en revoyant le code de la route.

Quoi qu'il en soit, l'explosion du marché des patinettes, vélos à assistance électriques et gyropodes au sens strict exprime un fort désir d'écomobilité individuelle à prendre en compte.

À Gif, par exemple, il faudrait des engins de puissance accrue ou une assistance locale publique pour affronter la pente des versants, et des liaisons douces à revêtement adapté aux petites roues.

Quant à une navette publique collective, écologique et technologiquement innovante (porteuse de l'image de Paris-Saclay), on peut compter sur la créativité des ingénieurs du plateau de Saclay et particulièrement de ceux des centres de recherche spécialisés dans l'automobile établis sur sa partie occidentale, pour proposer un choix élargi de solutions ingénieuses et efficaces.

Note 3

La ligne en question, financée par la commune, le CEA, le CNRS, Supélec et le CESI (alors gestionnaire du Point F.), et gérée par le Syndicat Yvette-Bièvre (SYB, alors présidé par le Maire de Gif) reliait la gare de Gif à Supélec et à la Ferme de Moulon en passant par le haut de la Route de Belle Image et le carrefour de Saint-Aubin (tous les deux sur le territoire de Saint-Aubin) puis la Route 128 (dont la partie ouest dépend de Saint-Aubin).

Dans Gif, cette ligne locale empruntait un axe alors librement ouvert au public et à la circulation automobile reliant l'avenue de la Terrasse à la Rue de la Croix Audierne.

Le département, sollicité pour contribuer à couvrir le déficit d'exploitation de cette ligne hésita longtemps avant de faire le choix de soutenir une ligne concurrente plus longue, gérée par l'APTR (Association Professionnelle des Transporteurs Routiers) reliant Les Ulis à Saclay via Chevry, la gare de Gif et Moulon.

L'abandon de la ligne précédente, trop déficitaire, permit en 1980 de fermer son passage à l'intérieur du Parc du CNRS, par suite d'un échange entre la commune et le CNRS permettant à la première de tracer la Rue Neuve sur la bordure sud du Parc du CNRS et à ce dernier de sécuriser son domaine en le fermant au public. La partie de l'Avenue de la Terrasse qui suit la pente du versant fut verrouillée, au bas par le portail originel du Parc du Château de Button (qui fut déplacé depuis la Place de l'église), et au sommet par une grille installée au bout de la Rue de la Croix Audierne.

Le passage public envisagé actuellement emprunte un chemin situé beaucoup plus à l'est à travers la partie du parc dépourvue de laboratoires.
Ce tracé débouche, après un vieux portail avec maison de gardien, sur la Route de Belle Image mais ne l'emprunte pas puisqu'il suit, tout de suite à droite, la Route de Chasse des Plants de Moulon.
Celle-ci marque dans sa partie ouest (au droit du complexe du CEA de l'Orme des Merisiers) la limite entre les territoires de Gif et de Saint-Aubin, puis devient exclusivement giffoise entre la clôture sud du Parc Technologique de Saint-Aubin et le Belvédère d'Orsay.

Note 4

Le domaine du CNRS à Gif est géographiquement inclus dans le périmètre de l'Opération d'intérêt national Paris-Saclay. Structurellement et fonctionnellement, le complexe du CNRS de Gif est à part entière membre de l'Université Paris-Saclay créée le 1er janvier 2015.

Or, le CNRS, établissement éminent du projet Paris-Saclay, n'est pas implanté sur le Plateau de Saclay mais sur le versant nord de la vallée de l'Yvette, sur la commune de Gif.

Il lui importe donc, comme aux Giffois, d'être efficacement relié au quartier de Moulon, à la fois par la RD 906 actuelle, par des liaisons douces ouvertes à tous et par une navette exemplaire par sa très faible empreinte écologique.

Note 5

Le Parc du CNRS est classé Refuge pour les oiseaux depuis 1991, il est site protégé pour la faune et la flore depuis 1993, et l'ensemble de ses 65 hectares appartient au domaine naturel protégé de Gif.

Ses laboratoires et son château nécessitent une protection ; des assurances doivent couvrir les risques liés à une ouverture au public...

Note 6

Le Chemin de Moulon desservait les deux fermes du hameau (celle dite "de Moulon" et celle de "La Côtière", légèrement en aval) en les reliant vers le nord au "Petit Saclé" (un hameau ancien situé à l'emplacement actuel de la partie occidentale de l'échangeur de Corbeville) et au-delà à Saclay, et vers le sud au Moulin de l'Yvette (situé à Bures) et au chef-lieu de Gif, commune de rattachement administratif du hameau de Moulon.

Les tombereaux l'empruntaient à pleine charge de grain à moudre, de meulière à bâtir ou de fumier (pour l'horticulture en vallée) à la descente, au frein, alors qu'ils ne pouvaient le remonter pratiquement qu'à vide.

Bien que l'une des premières automobiles de Gif ait été achetée en 1927 par le propriétaire de la ferme de Moulon (Paul Hue, élu maire l'année suivante), ce chemin vers la vallée ne fut jamais transformée en route, le conseil municipal refusant de financer un revêtement que les tombereaux défonceraient immédiatement.

En 1966, la commune de Gif goudronna le bas du chemin à la demande des habitants du lotissement qui s'était développé en toute légalité de part et d'autre. Mais les élus de Gif et de Bures s'accordèrent pour empêcher que ce chemin devienne une route reliant la vallée au plateau.

En 1971 le Conseil municipal de Gif préconisait de créer sur le plateau "une voie ferrée nouvelle pour desservir les installations du Plateau de Saclay en reliant les gares de Massy-Palaiseau et de Versailles" elles-mêmes déjà reliées à Paris.

En 1976, le maire de Gif fit observer au Conseil municipal qu'une liaison Plateau-Vallée par le Chemin de Moulon "présentait le risque de drainer par elle tout un trafic désireux d'éviter la Côte de Belle Image ou la F 18" (rebaptisée RN 118 en 1978), et suggéra de transformer le Chemin de Moulon en voie privée strictement réservée aux établissements du Plateau de Saclay et gérée par eux.
Cette proposition éteignit pour longtemps (jusqu'à maintenant) toute velléité de l'État, de la Région et/ou du département, de créer une liaison routière à gros débit en fond de vallée de l'Yvette et de la relier par de nouvelles routes en dents de râteau aux plateaux nord et sud.

Note 7

Le Contrat de développement territorial (CDT) "Paris-Saclay Territoire Sud" de 2013, revu et soumis à une nouvelle enquête publique en 2015, précise que "les liaisons bus et vélo entre Gif Vallée et le plateau de Moulon seront confortées. (...)

Les parcours vélo plateau / vallée s’intègreront dans un "système vélo" plus global (pistes, stationnement, offre de location….)" et mentionne la liaison par navette en site propre dans le Parc du CNRS comme une possibilité à étudier par la CAPS, compétente en matière de transports de proximité et organisatrice du réseau MobiCaps.

L'EPPS a pour sa part fait étudier les "liaisons douces" à créer ou à améliorer entre la vallée de l'Yvette et les quartiers futurs de Polytechnique et de Moulon.

Dans le compte-rendu de la première phase de l'étude, la liaison vélo Gare de Gif / Rond-Point de Saint-Aubin par le Parc du CNRS figure comme urgente, et celle qui relie la Gare à Moulon par le Chemin de Moulon a été retenue prioritaire par le Comité de Pilotage de l'EPPS réuni en octobre 2015.

Une seconde phase de l'étude sera effectuée en 2016. Par ailleurs le CDT (originel et revu) accueille favorablement les projets innovants, notamment "l’opportunité d’une solution par un téléphérique reliant la ville d’Orsay aux deux plateaux (Saclay et Les Ulis-Courtabœuf)".

Enfin, l'EPPS a été primé, à Hong-Kong en novembre 2015, par la remise de l'un des "Smart Mobility City Awards", pour sa "stratégie d'écomobilité" visant à développer l'usage des transports en commun, à faire évoluer l'utilisation de l'automobile et à favoriser les modes de déplacement doux (marche et vélo - avec des chemins et pistes en réseaux, des services de location, d'entretien, de recharge de batteries, de parking, etc. et des équipements innovants pour la signalétique, l'éclairage, le revêtement des pistes ou l'installation de remonte-pentes pour bicyclettes).

Note 8

Organisatrice des Jeux Olympiques de 1924, la capitale de la France est candidate pour organiser ceux de l'été 2024 (officiellement dits "Jeux de la XXXIIIème olympiade de l'ère moderne"). Cette candidature est partagée avec la ville de Marseille qui accueillerait les jeux nautiques.

En cas de succès, le Plateau de Saclay pourrait éventuellement bénéficier d'une amélioration générale de ses liaisons avec la capitale, voire hériter de quelques équipements sportifs de haut niveau.

Cependant les effets escomptés seraient beaucoup plus importants et durables si Paris, au nom de la France et du Grand-Paris, voyait retenue en 2018 sa candidature à l'organisation de l'Exposition universelle de 2025, car dans ce cas le Plateau de Saclay constituerait la vitrine idéale des Sciences et Techniques.

C'est d'ailleurs dans le cadre de la préparation du dossier de candidature de la France (qui sera déposé cette année), que Jean-Christophe Fromentin, Président d'ExpoFrance 2025, a visité le Plateau de Saclay en octobre dernier puis le campus d'Orsay en novembre et à présenté le projet au Comité de préfiguration du Grand Paris en octobre 2015.

Note 9

L'Exposition universelle de 1900 a permis de doter Paris de quelques grands équipements publics très novateurs dont la première ligne de métro Vincennes-Maillot et le funiculaire de Montmartre (franchissant 36 m. de dénivelé).

D'autres équipements, à caractère temporaire, marquèrent les esprits et focalisèrent vers eux les objectifs des photographes et des premiers cinéastes (dont Thomas Edison, Georges Méliès et les frères Lumière). Ce fut notamment le cas de la "Rue de l'Avenir", un trottoir roulant inventé aux USA, installé en boucle au Quai d'Orsay sur plus de 3 km. de périmètre, qui permit en heure de pointe à 14 000 piétons de se déplacer simultanément sans marcher, en toute sécurité, à 8 km/h.

Les passerelles métalliques d'une seule portée au-dessus de la Seine, ainsi que la Grande roue de 100 m. de diamètre firent aussi grosse impression.

Cependant, l'inventivité de cette fin du XIXème siècle n'était pas circonscrite à la seule exposition universelle.

En matière, par exemple, de franchissement de falaises ou de talus (naturels ou artificiels), la ville de Londres avait innové en 1829 en installant le premier ascenseur public urbain extérieur de plus de 20 m. de haut ; San Francisco avait installé dès 1873 son système de "Cable Cars" (un tramway à traction par câble permettant de gravir ses fortes pentes) ; celle de Marseille s'était dotée en 1892 d'un ingénieux et imposant funiculaire montant de 74 m. soit près des deux tiers des 120 m. de dénivelé menant à Notre-Dame de la Garde (il fonctionna jusqu'en 1967 !) ; et c'est en 1898 que fut installé à Londres, au Crystal Palace, le premier escalier mécanique.

Dans le même temps, l'automobile "décollait" en tant que moyen de transport individuel puisque la "Jamais Contente", une sorte de torpille électrique belge d'une tonne et demie, franchissait en France, à Achères, en 1899, le seuil mythique des 100 km/h.

Note 10

Beaucoup de villes dans le monde mettent à disposition de leur population des moyens publics de déplacement collectif autres que le métro, le bus ou la navette fluviale.

Il existe par exemple des funiculaires à Lausanne, Évian, Valparaiso (depuis 1883), Lyon, Fribourg ; des télécabines à Grenoble, Barcelone ; des ascenseurs urbains à Saint-Lô, Gironella (Catalogne), Bogota, Stockholm (ce dernier datant de 1881), Argelès-Gazost ; des métrocâbles (téléphériques à gros débit) à Medellin, Caracas et d'autres en projet à Fribourg, Créteil (liaison avec Villeneuve Saint-Georges)...

Alors pourquoi pas un téléphérique ou "métrocâble" pour relier Les Ulis-Orsay-Saclay ; et un remonte-pente pour bicyclettes et gyropodes, ou/et un trottoir roulant-escalier mécanique urbain et forestier entre Gif-Centre et Gif-Moulon ?

La technique est là ! (il ne manque plus que tout le reste... ).

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