Chronique 2 - Février 2015

Le secteur de Moulon sur le plateau de Saclay est en train de se transformer physiquement. Premières impressions...

Chronique 2 - Février 2015

Février 2015

En observant cette pince crocodile grignoter les bâtiments du CNEF, nous pensions à Thor, Sucellos ou Gargan, ces dieux bâtisseurs qui établissaient le centre des futures cités là où leur marteau, maillet ou palet volant retombait en éventrant le sol. Car nous assistions à la fondation d'un quartier urbain dont le centre mis à nu sur près de 4 hectares constituera un forum arboré, avec place et parc publics. A l'antique ? Non : au centre de Gif s'étend aussi un parc, celui de l'Hermitage, acheté et ouvert par la commune en... 1938 !

 

 

Ce parc central, nous - les Giffois - le tenons pour l'un des premiers facteurs de qualité de notre cadre de vie communal et de notre mode de vie sociale locale, dont il est l'un des creusets. D'ailleurs, son modèle fut repris depuis lors dans plusieurs quartiers de Gif, à l'Abbaye et à Courcelle, dont les résidences entourent des espaces verts, ou à Chevry, dont le "Cœur de ville" ouvre sur le parc du château de Belleville et sur le Mail.

Grâce soit donc rendue à Michel Desvigne, paysagiste de l'actuel projet Paris-Saclay, d'avoir pensé à offrir aux habitants et autres utilisateurs du futur Moulon un parc central ouvert où chacun pourra s'aérer et d'autant mieux s'enrichir l'esprit qu'il rencontrera des gens divers. Et aussi d'avoir établi, par ce parc fondateur, une continuité de cadre et de mode de vie entre Moulon et Gif : la nature dans la ville, la mixité comme source d'épanouissement personnel.

Cette pince crocodile n'est donc pas l'outil d'un saccage mais l'exécutrice d'un tacite accord de principe entre tous les acteurs de Paris-Saclay : oui, les nouveaux chercheurs, enseignants, étudiants et habitants auront d'abord besoin, comme leurs prédécesseurs - les uns pour réussir leur mission scientifique d'intérêt national, les autres pour leur éviter un ghetto local - de la chlorophylle de notre territoire et de la sociabilité de sa population. Des vitamines rares, qui seront donc préservées, comme elles le furent jusqu'à maintenant.

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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle nord pour la création du futur forum.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle nord pour la création du futur forum.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle nord pour la création du futur forum.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle nord pour la création du futur forum.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle nord pour la création du futur forum.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle nord pour la création du futur forum.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle sud pour l'accueil du futur bâtiment B (ou sud) de l'École Centrale.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle sud pour l'accueil du futur bâtiment B (ou sud) de l'École Centrale.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle sud pour l'accueil du futur bâtiment B (ou sud) de l'École Centrale.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle nord pour la création du futur forum.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle nord pour la création du futur forum.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle nord pour la création du futur forum.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle nord pour la création du futur forum.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle sud pour l'accueil du futur bâtiment B (ou sud) de l'École Centrale.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle sud pour l'accueil du futur bâtiment B (ou sud) de l'École Centrale.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle sud pour l'accueil du futur bâtiment B (ou sud) de l'École Centrale.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle sud pour l'accueil du futur bâtiment B (ou sud) de l'École Centrale.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle sud pour l'accueil du futur bâtiment B (ou sud) de l'École Centrale.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle sud pour l'accueil du futur bâtiment B (ou sud) de l'École Centrale.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle sud pour l'accueil du futur bâtiment B (ou sud) de l'École Centrale.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle sud pour l'accueil du futur bâtiment B (ou sud) de l'École Centrale.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle sud pour l'accueil du futur bâtiment B (ou sud) de l'École Centrale.
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    Chantier de démolition des bâtiments du CNEF : sur la parcelle sud pour l'accueil du futur bâtiment B (ou sud) de l'École Centrale.

Les chantiers en cours

  • Depuis l'été 2014, sur l'ouest et le sud du plateau de Saclay : achèvement des réseaux souterrains (fluides, communications, énergie) et de la voie du TCSP (Transport en commun en site propre, un bus sur route réservée), avec réalisation d'une passerelle sur la route nationale 118 pour relier entre eux et à l'ensemble des points forts et accès du Plateau de Saclay les quartiers urbains de Moulon (sur Saint-Aubin, Gif et Orsay) et de l'École Polytechnique (sur Palaiseau).
     
  • Depuis décembre 2014, sur la partie giffoise de Moulon, au contact de la partie orcéenne: mise en place des fondations et début de construction du "Lieu de Vie", situé entre la Maison de l'Ingénieur et l'IUT (Institut universitaire de Technologie). Un grand bravo à la personne qui a eu l'idée très démocratique de découper des lucarnes dans la palissade de ce chantier, permettant ainsi à tout un chacun d'en suivre sans danger  l'évolution.
     
  • Depuis janvier 2015, sur la partie giffoise de Moulon : dégagement des parties nord et sud du CNEF (Centre national d'études et de formation) pour permettre l'implantation de deux espaces publics arborés en prolongement l'un de l'autre (un parc boisé et une place, le tout sur environ 4 hectares), en plein centre du futur quartier urbain de Moulon, et des deux bâtiments de l'École Centrale qui les borderont vers l'est. L'aménagement paysager du parc et de la place ont fait l'objet en décembre 2014 d'un appel à candidature lancé par l'EPPS (Établissement public Paris-Saclay) visant à retenir en février 2015 trois équipes qui participeront avec les divers acteurs du projet à un "dialogue compétitif".
     
     

Notes

  1. Les bâtiments du CNEF (Centre national d'études et de formation) en forme de cubes à façades vitrées inclinées constituent un patrimoine représentatif de leur époque (1972) et de la créativité de leurs architectes, Alain Lemétais et Michel Day. Quelques-uns échapperont à la mâchoire de la grignoteuse pour être réhabilités en locaux associatifs intégrés au futur parc arboré.
     
  2. Les logements du CNEF que nous voyons debout pour la dernière fois sur la photographie illustrant la chronique se situent sur la parcelle où s'installera le bâtiment sud de l'École centrale.
     
  3. Les mythologies concernant la fondation des villes placent presque toutes au centre de l'espace urbain un terrain vide servant de principal lieu de rassemblement de la population, le forum (pour les Romains, l'agora pour les Grecs).
    La comparaison entre le forum arboré de Gif (le parc de l'Hermitage) et celui du futur quartier de Moulon se justifie par leur localisation centrale et leurs diverses fonctions (préservation de la nature dans la ville, brassage et rassemblement social), bien que le premier soit au moins deux fois plus vaste que le second.
     
  4. Les espaces verts centraux des Résidences de l'Abbaye et du Château de Courcelle, de même que du "cœur de Ville" de Chevry, ont été décidés par concertation entre la Mairie de Gif et leurs architectes respectifs : François Prieur, Jean Ginsberg, Alain Cornet-Vernet.
     
  5. Michel Desvigne, paysagiste mondialement reconnu, titulaire du Grand Prix de l'Urbanisme en 2011, a été désigné par l'EPPS (Établissement public Paris-Saclay) comme pilote du groupement d'architectes, d'urbanistes et de paysagistes chargé d'imaginer puis de conduire l'aménagement du Plateau de Saclay.
    Il semble qu'en ce qui concerne le "modèle du parc central", Michel Desvigne se soit plutôt référé au "Central Park" des villes néo-classiques nord-américaines qu'au Parc de l'Hermitage : les parcs centraux de Gif et de ses quartiers, d'inspiration locale, mais dorénavant affiliés au modèle universel, n'en auront que plus de prix !
     
  6. Ce tacite accord de principe valide et reconduit la stratégie gagnante mise au point par la commune de Gif à la fin des années 1950 pour modérer les ardeurs constructrices du CNRS (Centre national de la Recherche scientifique) et du CEA (Commissariat à l’Énergie atomique, devenu en 2010 Commissariat aux Énergies alternatives) et convaincre ces grandes institutions nationales de devoir respecter les règles et attentes locales. Cette stratégie fut relayée à partir de 1988 par les différentes structures intercommunales impliquées par les projets d'aménagement du Plateau de Saclay (la première en date étant le SIPS (Syndicat intercommunal du Plateau de Saclay), et la dernière la CAPS (Communauté d'Agglomération du Plateau de Saclay).
    L'Histoire retiendra que cette stratégie dissuada les plus hautes instances de l'État de livrer les communes membres à une urbanisation qui, en  dégradant l'espace et le mode de vie des chercheurs et des habitants, aurait rapidement contrarié les intérêts nationaux de la recherche scientifique.
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