Artistes

La fleur qui marche de Fernand Léger.

Juliette Adam

Femme de lettres réputée sous la Troisième République, amie de Georges Sand et Victor Hugo, éminence grise de Gambetta, elle anime un brillant salon politique, alors très en vogue. Patriote et ardente défenseure des droits de la femme, un temps anticléricale, fondatrice et directrice de La Nouvelle Revue, journal littéraire et politique, elle encourage de jeunes talents littéraires tels Pierre Loti, Dumas fils ou Léon Daudet.

Elle achète le domaine de l’abbaye Notre Dame du Val de Gif en 1882 et en fait l’annexe de son salon parisien. Les grandes soirées qu’elle y organise rassemblent alors tout le monde politique et littéraire de la IIIème république. Après les années 1880, son salon s’ouvre aux femmes et au tout Paris.

Juliette Adam participe à des œuvres de charité notamment pendant la Première Guerre Mondiale et sera l’invitée de Clémenceau à la signature de l’armistice à Versailles en 1919.

Juliette Adam est décédée à Callian (Var) en 1936.

Fernand Léger

Après des études d’architecture et une formation à l’école des Arts décoratifs, Fernand Léger se rapproche du cubisme. A partir de 1912, il élabore sa théorie des contrastes appliquée aux formes et aux couleurs.

Au sortir de la guerre, il s’inspire des objets du quotidien puis revient à la figure, célébrant la beauté de la machine et de la ville moderne.

Attiré par la technique de la métamorphose, l’artiste se lance à partir de 1936 dans des entreprises plus ambitieuses, notamment des décorations monumentales destinées au peuple.

Figure majeure de la politique culturelle du Parti Communiste Français dont il devient membre en 1945, il réalise des compostions qui reflètent son engagement humaniste.

C’est en 1952, alors que sa gloire est déjà mondiale, que Fernand Léger achète la guinguette désaffectée du Gros Tilleul, dans le quartier de Courcelle. Il avait remarqué cette ancienne hostellerie lors de séjours à Chevreuse où il soignait ses rhumatismes, et s’y installe définitivement en 1953 avec sa seconde femme, Nadia.

Les années giffoises correspondent à une période d’activité artistique féconde.  C’est dans son atelier giffois que Fernand LEGER exécuta, entre autres, la « Partie de campagne » et les deux « Grande Parade ».

Décédé à Gif en août 1955 d’une congestion cérébrale, il repose dans le nouveau cimetière. Une superbe « Fleur qui marche » orne sa pierre tombale.

Louis Droux

Le 13 février 1943, la Préfecture de Seine-et-Oise accorde son autorisation pour l’organisation de projections cinématographiques, rue de la Grande Coudraie. Cet établissement aurait fonctionné jusque dans les années 50.

La même année, la commune de Gif décide de se doter d’une « salle de fêtes et de cinéma », située dans les anciennes écuries du domaine de l’Hermitage. Un bail de 18 ans est signé avec deux entrepreneurs parisiens afin d’aménager l’établissement pour des projections 35 mm. Cependant, le Cinéma du Centre n’est toujours pas en état de fonctionnement.

En 1949, Louis Droux, ancien brodeur frappé par la crise de 1929, reconverti dans le cinéma ambulant après la guerre, achète la tournée de Gif et de ses environs  (les Molières, Chateaufort, Janvry). Le Cinéma pour Tous officie ainsi pendant près de dix ans à l’Auberge de Madrid à Damiette et dans l’arrière salle de l’Hôtel de la Terrasse.

Passionné, Louis Droux fait découvrir aux Giffois les succès cinématographiques de l’époque, peignant lui-même, sur du papier de fortune, de nombreuses affiches, portraits de grands acteurs du moment. Sa fille Jacqueline a fait don de ces affiches à la commune en 1998.

En 1952, le Cinéma du Centre change de concessionnaire. Ce n’est que fin 1955 que commence l’exploitation du Central Cinéma. Jusqu’en 1958, les programmations du Central Cinéma et du Cinéma pour Tous coexistent.

Armand Guillaumin

Un peintre impressionniste, ami de Cézanne et Pissaro

Peintre paysagiste aux coloris intenses, Armand Guillaumin est sans doute le moins connu des grands peintres impressionnistes. Ses sujets de prédilection sont les paysages de la Région Parisienne, de la Creuse et de l’Estérel.

Parti étudier à l’Académie de Suisse dans les années 1860, il y rencontre Cézanne et Pissaro avec lesquels il noue une amitié solide et durable. A leur contact, Guillaumin développera un art du paysage avec des perspectives ouvertes par des chemins tournants. Il peint également des usines, laissant transparaître une vision de l’industrie teintée de romantisme.

Guillaumin fera partie de la première exposition du groupe des impressionnistes en 1874, qu’il ne quittera plus. A la fin des années 1880, il se lie d’amitié avec Vincent Van Gogh.

Dans les années 1890, sa peinture se fera plus subjective, les couleurs plus expressives, annonçant le futur mouvement fauviste.

Un jour de 1882, l’artiste découvre le hameau de Damiette qui le fascine et qu’il croquera dans une trentaine de tableaux et quelques pastels.