Bois de la Hacquinière, un aménagement forestier indispensable

Bois de la Hacquinière à Gif-sur-Yvette.
Préservons les chataigniers fragilisés. Une route d’accès a été créée dans la partie Est du massif de la Hacquinière afin de permettre l’exploitation forestière par l’Office National des Forêts (ONF).

Depuis 1977, l’Office National des Forêts (ONF) gère la forêt communale de Gif dans le cadre du régime forestier.

Certains des châtaigniers, âgés en moyenne de 70 ans, présentent des signes d’affaiblissement.
Les épisodes de réchauffement et de sécheresse que nous connaissons régulièrement depuis une quinzaine d’années (2003, canicule) le fragilisent et font souffrir certains peuplements situés dans le massif de la Hacquinière.
Les hivers très pluvieux et le manque d’eau en période estivale ont des effets sur son système racinaire. Le sol constitué d’argile à meulière se rétracte en été.

Le constat est le suivant : certains sujets sont en train de dépérir sur pied. Pour préserver la bonne santé de la forêt, une intervention sylvicole est indispensable.

Dans cet objectif, une voie d’accès en stabilisé d’environ 300 mètres de longueur a été créée dans le massif de la Hacquinière. 
Ces travaux concernent une surface de 15 hectares et 12 parcelles. Ils se feront sur une durée de 5 ans.
L’ONF va procéder à des coupes pour éclaircir la forêt et sécuriser l’espace forestier pour le public.

La création de cette route est indispensable pour ces aménagements. Une zone de stockage et de chargement des bois a été également réalisée.

Interview : Hervé Robert

Hervé Robert est technicien territorial de l’ONF, 
chef de district en charge de l’entretien et de la gestion de la forêt de Gif

La forêt de Gif jusqu’alors gérée en futaie régulière va être traitée en futaie irrégulière. Quelle différence entre les deux ?
Par définition, dans une futaie régulière tous les arbres ont des âges voisins. Même si une relative hétérogénéité de diamètre peut être observée, les arbres les moins gros sont très généralement des “ arbres dominés ” c’est-à-dire sans avenir. Or, pour être irrégulière, une futaie doit comporter des arbres de tous âges, du semis au gros bois. Passer de la futaie régulière à la futaie irrégulière nécessite d’obtenir les classes d’âge manquantes, par une régénération permanente diffuse ou par tâche. C’est donc une opération de longue haleine.

Quel sont les avantages pour la forêt d’être gérée en futaie irrégulière ?
Ils sont nombreux : une meilleure stabilité des peuplements grâce à la protection mutuelle des arbres de taille différente et à un meilleur ancrage des arbres au sol, une plus grande résistance aux attaques parasitaires (insectes et champignons), de meilleures fonctions de protection vis-à-vis de l’érosion ou du dessèchement du sol…

Le promeneur verra-t-il des conséquences sur son paysage habituel ?
Oui. Le paysage sera moins monotone et moins homogène avec des sous-bois, plus de lumière et des arbres de toutes tailles.

Que vont devenir les châtaigniers coupés et quel volume cela représente-t-il ?
Il faut d’abord vendre les arbres avant de les avoir coupés. Suivant cette mise en vente programmée en décembre prochain, on espère démarrer les coupes en 2019. Les plus beaux châtaigniers qui seront exploités partiront vraisemblablement pour la construction de charpente en France et pour la parqueterie en Italie. Les petits bois seront traités en bois de chauffage sur des filières locales. Les coupes de 2019 représenteront environ 1 000 m3 de bois (houppiers compris).

Le document de planification de la forêt se termine en 2018, quelles seront les grandes tendances de la prochaine période ?
Une analyse totale des peuplements de toutes les parcelles pour poursuivre la conversion de du traitement de futaie régulière en futaie irrégulière, un entretien des équipements d’accueil du public, une conservation des milieux humides (mares et fossés), la gestion des lisières, l’entretien et mise en sécurité des cheminements… 
Il y a de quoi faire !