Quartier de Belleville

Le Café de Barcelone faisait les beaux jours des Bellevillois

Une naissance chaotique

La naissance de Belleville remonte aux années 1920, dans un contexte d'expansion de la banlieue parisienne, alors que se construisent, de façon chaotique, les premiers lotissements.

Les ambitions d'un lotisseur parisien

Après un incendie, aussi spectaculaire qu'inexpliqué, qui ravagea en 1921 le bois du Roi (ou bois de Graville), situé sur le coteau de Belleville, un lotisseur parisien ambitieux, le Jules Lorin, entreprend en 1922 le découpage du " Domaine de Gif à Belleville ", nouveau quartier de plus de quarante hectares. Les lots, tout en longueur, s'organisent selon un quadrillage géométrique en damier.

Promesses d'une vie au grand air

Les campagnes de publicité vantent les atouts de Gif : le bon air de la campagne, la nature, la desserte ferroviaire... Les rues portent des noms aux accents bucoliques : Charmes, Cigales, Mésanges... Les prix sont attractifs.

Des constructions rudimentaires

Sur les parcelles verdoyantes surgissent de petites bicoques précaires d'une pièce, construites par les lotis eux-mêmes avec des matériaux bon marché ou de récupération. Plus tard apparaît la " maison Dauphin ", puis la maison en dur construite à partir de la meulière extraite sur place. En 1924, Belleville compte 254 propriétaires de lots.

Désenchantement des lotis

Cependant, rien n'est prévu par le lotisseur concernant la viabilité et l'assainissement du lotissement : pas de chaussées, ni de trottoirs, de terrassements, de canalisations d'eau ou d'égouts. Très rapidement, les conditions de vie se dégradent : écoulement des eaux usées le long des chemins avec risque de contamination des puits, pénurie d'eau en été, pas de ramassage des ordures, éboulements boueux provoqués par l'exploitation de la carrière proche, tandis que les rues, non empierrées, sont transformées en marais d'eaux stagnantes.

Réactions

Dès 1922, la municipalité exprime de vives inquiétudes, tente de légiférer et d'interpeller le lotisseur indélicat, mais les problèmes demeurent.

De leur côté, les lotis se mobilisent et expriment leur mécontentement: courriers de protestation au lotisseur et à la mairie, pétitions, manifestations. Un " Syndicat de défense des petits acquéreurs du domaine de Gif " voit le jour en 1927, qui devient quatre ans plus tard l'Association Syndicale du Domaine de Gif. Le ton monte rapidement.

Il faudra attendre la fin des années 1930 pour que Gif bénéficie enfin d'une nouvelle législation nationale tendant à améliorer l'aménagement des lotissements défectueux, grâce à des crédits d'État. L’électrification du plateau commence en 1938.

La vie quotidienne

Naissance d’une identité bellevilloise

Malgré des conditions de vie particulièrement précaires, les habitants sont soudés et une forte solidarité de quartier émerge. La vie à Belleville est ponctuée de nombreuses fêtes organisées à partir de peu, toutes les occasions sont bonnes pour s'amuser. On se retrouve au café Italien ou au café de Barcelone, deux endroits très prisés des Bellevillois.

Un quartier populaire qui se transforme

Belleville abrite une population cosmopolite d'origines diverses: Espagnols, Italiens, Portugais, Polonais, Hongrois - maçons et carriers pour l'essentiel - font souche.

Avec le temps, la composition socio-professionnelle se modifie : les nouveaux habitants, ouvriers et employés, ne travaillent plus sur place mais empruntent désormais les transports en commun. Chaque jour, ils descendent à la gare par le chemin qui traverse l'actuel quartier de l'Abbaye.

Puis, ce sont les parisiens qui s'installent dans le quartier, y font construire leur résidence secondaire et passent à Belleville week-ends et vacances.


Le Café de Barcelone faisait les beaux jours des Bellevillois
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Les carriers de Belleville
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Fêtes de Belleville, dans les années 1930
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