Quartier de Chevry

Quartier de Chevry

Chevry… autrefois

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    Ferme de Frileuse, extrait du plan Terrier, en 1754.
    © Archives municipales de Gif
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    La ferme de Beaudreville au XIXe siècle, extrait du plan cadastral de Gometz-la-Ville de 1809.
    © Archives municipales de Gif
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    La ferme de Belleville dans les années 1980, peu avant sa démolition.
    © Archives municipales de Gif
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    Extrait du cadastre napoléonien, section C: Coudrayes, 1809.
    © Archives départementales de l'Essonne
  • 05-plateau800 1
    Vers la Vacheresse, dans les années 1930.
    © Photo: fonds privé - Archives municipales de Gif
  • 05-plateau800 2
    Travaux de construction de la V6 reliant la vallée au quartier de Chevry.
    © Archives municipales de Gif
  • 05-plateau800 3
    Travaux de construction de la V6 reliant la vallée au quartier de Chevry.
    © Archives municipales de Gif
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    Pensionnaires de l'école d'agriculture, 1926.
    © Photo : fonds KLEIN - Archives municipales de Gif
  • 07-ecole agric800 2
    Pensionnaires de l'école d'agriculture, en 1926.
    © Photo : fonds KLEIN - Archives municipales de Gif
  • 08-ecole agric800 3
    Pensionnaires de l'école d'agriculture, en 1926.
    © Photo : fonds KLEIN - Archives municipales de Gif
  • 09-ecole agric800 4
    Pensionnaires de l'école d'agriculture, en 1926.
    © Photo : fonds KLEIN - Archives municipales de Gif

Histoire des lieux-dits de Chevry: les mares

Autrefois, des mares nombreuses

Chevry est construit sur un plateau argileux imperméable; les eaux de ruissellement ne pouvant s’infiltrer dans le sol, les agriculteurs ont su exploiter, au fil des siècles, les moindres ondulations du plateau en drainant l’excès d’eau vers des réceptacles naturels, les mares.  Si les plus anciennes sont nées spontanément, beaucoup ont été creusées ou agrandies selon les besoins. Abreuvoirs pour le bétail, réserves pour l’arrosage, aires de vie pour les canards et les oies, réserves d’eau en cas d’incendie, les mares avaient de nombreuses utilisations. Le plateau en était parsemé, en particulier au sud.

 Transformations du paysage

Avec la rationalisation des méthodes de drainage, la création de bassins de rétention artificiels, la disparition de l’élevage et les opérations d’urbanisme qui ont accompagné la création du quartier de Chevry dans les années 70, l’importance de ces mares s’est amoindrie, beaucoup ont disparu, mais leur nom a largement inspiré la dénomination des voies du nouveau quartier : allées du Champ de la Mare, de la Mare Jodoin, de la Mare Gabrielle, de la Mare l’Oiseau, de la Nattée, de la Mare Bapeaume, route de La Noue (ce mot, lié à l’idée de l’eau, désigne au XIIIe siècle à la fois un endroit noyé d’eau ou un emplacement où se formaient de petites mares ; au XIVe siècle, il signifie successivement une terre marécageuse, un sol humide ou l’ancien lit d’un cours d’eau).


Histoire des lieux-dits de Chevry: les fermes

Céréales, élevage, horticulture, prairies et vergers

Autrefois, la plaine sud, du côté de Gometz-la-Ville, était dévolue à la grande culture des céréales (blé, avoine, orge) exploitées par 6 grandes fermes, ainsi que l’élevage (notamment des moutons et des chevaux). La proximité de la route nationale facilitait les transports et l’acheminement d’engrais agricoles. De même, la présence de deux chemins favorisait l’accès aux différents hameaux disséminés.

L’après-guerre, avec le développement de la mécanisation, va transformer les modes de culture.

Au sud, du côté de la Mare Bapaume, une nouvelle forme de culture apparaît : l’horticulture sous verre. Des pépinières se développent.

A l’est, côté Gometz-le-Châtel, on trouvait surtout des prairies, vergers (poiriers à cidre notamment) et bois.

 La ferme de Belleville

Elle faisait autrefois partie du domaine de Belleville incluant le château du même nom, reconstruite en 1855 par le nouveau propriétaire du château, Edouard de Chambray

En 1888, l’héritier Raoul de Chambray conserve la ferme et vend le château et les bois. Elle est rachetée pendant la Grande Guerre par M. Villefranche, et occupée par la famille Pescheux, ancienne famille de laboureurs de Gometz, jusqu’en 1937.

Dans les années 1920, l’exploitation fait 200 hectares s’étendant dans les plaines de Belleville et Frileuse. Des prés étaient situés aux Prés Mouchards. Une mare se trouvait au centre de la cour intérieure pour baigner les chevaux, une autre, plus grande, à l’extérieur, servait à abreuver le bétail. La ferme employait un personnel nombreux.

La ferme de Belleville sera démolie en 1989, dans le cadre de la construction du quartier de Chevry.

 La ferme d'Armenon

Elle existe toujours, située aux Molières à deux kilomètres au sud-ouest de l’actuel quartier qui porte son nom. La carte des Chasses du Roi mentionne sa présence. Les terres d’Armenon firent l’objet de longs procès et litiges, le seigneur de Belleville revendiquant des droits sur ce fief.

 La ferme de Gousson

Figurant sur toutes les cartes de l’Ancien régime, aujourd’hui disparue, cette ferme se situait entre l’extrémité est de Belleville et le quartier des Joncherettes, jouxtant l’actuel Bois de la Hacquinière. Bâtiment assez modeste, elle était une dépendance de l’Abbaye Notre-Dame-du-Val-de-Gif, qui l’aurait donnée à bail en 1487 aux frères Richard et Colin Perier. Elle fut vendue comme bien national à la Révolution Française.

 La ferme de Frileuse-le-Rouge

Disparue également, c'était un domaine de 50 ha, composé de deux corps de bâtiments encadrant une large cour, un jardin d’agrément à l’est et un bois (actuel Bois Carré) au sud-ouest. Propriété de Claude Mérault, seigneur de Gif, à partir du XVIIIe siècle, elle fut ensuite achetée par Paul de Barentin, descendant des seigneurs de Courcelle, dernier Garde des Sceaux de Louis XVI, puis vendue comme bien national à la Révolution.

 La ferme de la Vacheresse

Elle tient son nom d’un très ancien lieu-dit de Gometz-la-Ville, habité depuis très longtemps, comme l’atteste la trace d’un habitat gallo-romain. Au XVIIIe siècle, le fief appartient, avec Belleville, à Gilles de Trappu et est constitué essentiellement en une ferme entourée de murs, louée, comme la ferme de Belleville, à Jean Pescheux. En 1832, les héritiers Devin, propriétaires du domaine de Belleville, vendent séparément Belleville et Vacheresse. Charles Mazure, fermier de Beaudreville, rachète Vacheresse et regroupe les terres. Les bâtiments de la ferme seront démolis.

 La ferme de Beaudreville

Hameau de Gometz-la-Ville, Beaudreville comprend au XVIIIe siècle une grande ferme et quelques maisons, également appelée « Petit-Déluge », car elle dépendait de la commanderie du Déluge sur la paroisse de Marcoussis. Au début XXe siècle, elle est exploitée par la famille Mazure qui joua un rôle important dans la vie de Gometz-la-Ville. La ferme à cette époque fait 180 hectares. Dans les années 1960, La SCI « Parc de Belleville » achète la propriété et installe ses bureaux dans les bâtiments, les ouvriers campant à proximité. L’ensemble sera ensuite rasé. Restent les poiriers, vestiges de l’ancien hameau.

 La ferme de la Feuillarde

Située sur le territoire de Gometz-la-Ville, la ferme de la Feuillarde figure sur la carte de Cassini et sur la carte des Chasses du Roi. Propriété de l’Abbaye des Vaux-de-Cernay jusqu’à la vente des biens du clergé à la Révolution. Ensuite, les fermes de la Feuillarde et de Malassis, toute proche et aussi ancienne, ont le même propriétaire et ne forment plus qu’une seule ferme au XIXe siècle. D’importants travaux de reconstruction vont faire disparaître les bâtiments de Malassis ; seule subsiste une grange, restaurée. La ferme de la Feuillarde quant à elle est toujours en exploitation aujourd’hui.

Les terres de Malassis et de la Feuillarde jouxtaient autrefois celles de la ferme de la Noue qui appartenait à l’abbaye de Gif.


La conquête du plateau sud

Pendant des siècles, aucune route digne de ce nom ne relie Gif aux fermes et villages du plateau du Hurepoix. Piétons, cavaliers et animaux de bât empruntent quelques mauvais chemins abrupts dont l’un porte le nom évocateur de « la Grimpette ».

Les prémices

En 1864, le conseil municipal envisage de réaliser un « chemin de Belleville ». Le projet n’a aucun caractère d’urgence mais le maire Ernest Bourlon de Sarty estime qu’« il faut prévoir ce chemin pour le construire quand on aura l’argent, car il sera utile à perpétuité ». Cette proposition est toutefois condamnée en 1875 par le nouveau maire Jean-Louis Lalande. Les vingt années qui suivent sont marquées par un long débat : un accès vers le plateau doit-il passer par Belleville ou par la Gruerie ?

Vers une liaison Gif-Gruerie-Gometz

A partir de 1900, l’administration vicinale départementale pousse à la réalisation d’une liaison Gif-Gruerie-Gometz. Les habitants de la Gruerie acceptent le projet à condition de continuer à disposer d’un chemin piéton pour éviter la circulation engendrée par la nouvelle route, qui sera finalement inaugurée en 1908.

De l'avenue du Bel-Air...à la V6

Du côté de l’Abbaye, les choses traînent encore quelques décennies. La construction de l'avenue du Bel- Air reliant l’Abbaye au plateau de Belleville est décidée en 1948. Il faudra attendre la fin des années 1980 pour voir se concrétiser enfin la construction de la V6 qui relie désormais le tout jeune quartier de Chevry à la vallée.


L'école d'agriculture du château de Belleville

Une école agricole et ménagère réputée

En 1919, le château de Belleville devient la propriété de Léontine Thome, issue d’une famille connue dans la région et le monde politique, qui le transforme en une Ecole Agricole et Ménagère réputée.


L' établissement accueille une vingtaine de jeunes filles, obligatoirement présentées par un membre de la Société des Agriculteurs de France et si possible un évêque, formées pour aider leurs futurs époux à gérer leur domaine. Les cours sont dispensés par des professeurs renommés. L’enseignement mêle activités manuelles et intellectuelles.

Les "Demoiselles de Belleville"

Régulièrement, les pensionnaires se rendent aux soirées littéraires données par Juliette Adam à l’abbaye Notre-Dame-du-Val-de-Gif, où elles s’occupent du service et de l’accueil des invités.
L’école admet également des jeunes filles d’origine modeste qui suivent le même enseignement.


Avant la mort de Léontine Thome, en 1947, le château abritera pendant quelques années un Centre de formation d’aides ménagères. La propriété sera ensuite partagée entre ses héritiers.


Naissance du quartier de Chevry

« Il était une fois, il y a longtemps, un plateau boueux et venteux à l’orée de l’Hurepoix. Un jour, un Monsieur de Paris, à l’étonnement de tous, parla de maisons, de centaines de maisons, de jardins, d’écoles, de piscine, de tennis, de stades, d’un nouvel art de vivre, de mettre la ville à la campagne…Ah ! l’original ! » (Bernard Siriex, extrait de Chevry Contact n° 1,  Mai 1974)

Le projet "Chevry 2"

En 1968, le promoteur immobilier Robert de Balkany dépose un projet de construction baptisé « Chevry 2 », sur un terrain acquis quelques années auparavant, situé à cheval entre les communes de Gif, Gometz-la-Ville et Gometz-le-Châtel. Les trois communes se regroupent alors au sein d’un syndicat, les « 3 G » pour négocier au mieux les conditions de construction de cet immense lotissement. La convention de ZAC du parc de Belleville, signée en 1969, détermine alors l’essentiel du style et du cadre de vie de Chevry.

Les premières maisons sortent de terre en 1972

Toutefois, les conditions de vie des « paléo-chevriens » sont difficiles, au milieu d’un chantier boueux, subissant une bise glaciale, d’autant que les maisons tant vantées par les plaquettes publicitaires ne tiennent pas leurs promesses : les malfaçons sont légion.

En 1974, Chevry est officiellement rattaché à Gif.

Les relations tumultueuses avec le promoteur, la crise économique, rendront la naissance de Chevry douloureuse. Quatre avenants à la convention seront nécessaires pour achever le chantier, en 1993.

"Une ville à la campagne"

Projet d’urbanisme ambitieux et inédit à l’époque, élaboré par l’architecte Alain Cornet-Vernet,  inspiré des Etat-Unis, Chevry a été conçu comme une « ville à la campagne », avec un réseau de hameaux indépendants organisés en raquettes, ouvert sur une rocade, offrant un cadre de vie où l’équilibre entre la nature et l’habitat reste préservé.


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